Archive de février 2011

POUR L’ENTREPRISE, LE SITE VITRINE UNE NÉCESSITÉ ?

28 février 2011 | Gestion de l'innovation, Gestion stratégique | 0 Commentaires

Nous traversons une période mouvementée du monde des affaires sur l’Internet. Le développement du Web 2.0, donnant une grande place aux réseaux sociaux, aux relations avec les clients et partenaires, les programmes d’achats de mots-clés, le développement des services d’optimisation (SEO) pour les moteurs de recherche, les programmes d’emailling sont des considérations environnementales actuelles qui doivent être prises en compte dans la présence d’une entreprise sur l’Internet.

Pour cette visibilité, les avis des professionnels du marketing sont partagés : Certains prônent qu’une vitrine sur l’internet est un incontournable et qu’un site web développé par des professionnels est la solution pour capter l’attention des clients potentiels. D’autres pensent que la participation aux réseaux sociaux, l’inscription et le déploiement de commentaires sur les forums et l’utilisation des plateformes de partage peuvent répondre aux besoins de la présence de l’organisation sur le Web. Ces mesures dans les deux cas sont, la plupart du temps, appuyées par l’utilisation des médias traditionnels, journal, radio, télévision, affichage, dans la stratégie de  mix-marketing de l’organisation. Pour certains, le développement du Web 2.0 constitue une période décisive, D’autres pensent que ce n’est qu’une période un peu plus mouvementée qu’à l’habitude et que la situation devrait revenir au calme dans les prochains mois, après que les utilisateurs auront étanché leur soif de nouveauté dans ces nouveaux outils.

Le site vitrine représente la plupart du temps, pour une organisation son activité, ses produits et services et aussi ses coordonnées. C’est souvent vendu comme un outil important pour renforcer la notoriété d’une marque ou développer celle d’une nouvelle entreprise. Avec un graphisme adapté à l’organisation et sa stratégie de communication, le site vitrine se compare à une carte d’affaire numérique disponible à tous les internautes du monde entier.

De l’autre côté, avec le Web 2.0, nous passons d’un discours de marque, à l’égard d’une clientèle passive, à des discours du consommateur pour le consommateur. L’échange d’information entre consommateurs à l’égard des produits ou services exerce une influence grandissante dans le processus d’achats. De plus en plus de marques aujourd’hui ont bien compris que de voir en l’Internet qu’un média publicitaire supplémentaire est une vision vouée à l’échec. L’Internet est un média communautaire qui place l’utilisateur au centre de toute communication. Les entreprises et organisations peuvent dorénavant entrer en communication et entretenir des liens avec des clientèles ciblées. De plus, parmi les forces qui font le succès d’adhésion au modèle Web 2.0, les entreprises et organisations peuvent développer leur propre application sans pour autant avoir des compétences en programmation. Ils peuvent ainsi utiliser en complément de la plateforme d’échanges et de discussions, des applications intégrées au programme pour des fins commerciales et s’adresser à des personnes sensibilisées à la marque ou encore à certains produits de l’entreprise.

Alors, que penser de ces avis différents et où se positionner pour ceux qui utilisent l’Internet pour faire des affaires et en tirer une source de revenus. Je n’ai pas la prétention de pouvoir arbitrer le débat, toutefois, je peux ici vous parler de mon expérience personnelle.

Sur un premier plan, j’ai été interpellé au cours des dernières semaines par un entrepreneur qui avait une présence active significative sur Facebook et qui voulait accentuer sa présence sur l’internet pour y vendre un produit. Il s’était d’abord fait conseiller le développement d’un site vitrine et de réaliser ses transactions à partir d’un lieu physique commercial. Bien que voyant un certain bien fondé au développement d’un site vitrine, celui-ci considérait que les relations qu’il avait développé avec ses très nombreux amis de Facebook représentaient un actif important à ne pas négliger. Il avait, auprès d’eux, établi des relations personnelles significatives qui lui permettaient de transiger à distance sur l’Internet. Il pouvait s’épargner les opérations de réception de commandes, de facturation, de perception des revenus et de gestion des encaissements qui pouvaient demander assez d’énergie pour une entreprise en démarrage. Suite à des échanges sur ses besoins actuels et futurs, et son environnement d’affaires, le bien livrable qui lui a été produit, repose sur une application «Boutique en ligne» sur sa page de marque Facebook, solution adaptée à la situation actuelle. La qualité des relations développées avec ses amis et les échanges entres les personnes qui sont adeptes de la marque ont influencé son choix. Il s’inscrit aussi dans le développement d’un site transactionnel, sur la base d’un «système de gestion de contenu» (CMS) couplé d’un «système de relations client» (CRM) à moyen terme qui lui permettra une indépendance face aux modifications des développeurs de Facebook.

Dans un deuxième cas, j’ai eu à intervenir auprès d’une entreprise livrant à des clients locaux, des produits par l’entremise d’un service de transmission florale. J’ai analysé et conseillé le propriétaire sur le développement d’une présence sur l’Internet. L’envoi et la livraison de fleurs à partir de l’internet est un secteur très développé aux Etats-Unis, le quatrième plus grand nombre de transactions pour l’année 2009 et la tendance s’installe au Canada. Comme c’est un secteur en développement, la production d’un site transactionnel «Système de relations client» (CRM) a été analysé au regard de l’environnement de l’entreprise. Avec un système de commission 20% pour l’envoyeur, et 80% pour le receveur, le développement d’un accès direct par le client représente un certain intérêt au chiffre d’affaires. Nos échanges sur la situation ont fait ressortir qu’une composante d’assurance qualité, le client accorde une grande confiance à son fleuriste local qui saura négocier avec le fleuriste éloigné afin d’avoir un produit de qualité et conforme à sa demande, vient influencer la décision du client de faire prioritairement l’achat auprès de son fleuriste local avant d’aller directement passer l’achat auprès du fleuriste éloigné. Le retour sur l’investissement dans le développement d’un site marchand était bien incertain et une vitrine Web répondait mieux aux besoins actuels du propriétaire. Les relations locales établies avaient priorité

Je peux constater à l’égard de ces deux situations, que les entrepreneurs orientaient leur choix non pas en fonction de faire parti de la parade, d’avoir comme tout le monde de son secteur un site d’entreprise sur l’internet, mais bien plus en fonction de leurs besoins du moment et de leur environnement. Bien que ces entreprises naviguent dans une période de renouveau numérique, ils ont agis en dehors de l’oppression du moment fournie par les conseillers ou par la concurrence. Leur décision a été prise à partir de leur analyse de la situation (forces faiblesses), des menaces et des opportunités que l’environnement offrait. Il y aura toujours une évolution des besoins et des technologies, mais ils doivent être subordonnés à la capacité et aux ressources de l’entreprise. Sans se reposer sur ses acquis, l’entreprise doit rester en équilibre d’un environnement changeant, les réseaux sociaux en nette croissance, et des ressources dont elle dispose. Il faut dès maintenant commencer à bâtir ses stratégies marketing de manière à les rendre évolutives pour l’avenir ou même avant-gardistes, l’environnement technologique à considérer de façon particulière.

L’INNOVATION ET LES TIC

2 février 2011 | Gestion de l'innovation, Gestion stratégique, Outils technologiques | 0 Commentaires

Du début de XXe siècle jusqu’à l’arrivée du numérique au milieu des années 1980, l’innovation dans les organisations reposait en grande partie sur les laboratoires de recherche et développement installés comme départements de l’entreprise ou encore intégrés dans les grandes universités. Ces laboratoires, avec des services d’essais et des ateliers d’analyse et de mesure, avaient pour objectif la validation des processus ou encore des produits. Il s’agissait le plus souvent de stabiliser les meilleurs procédés tout en s’assurant que l’introduction de changements apporte une plus value au produit ou au service pour le client. Bien que le laboratoire ait été un dispositif de production de savoir scientifique et de gestion de connaissances, cette entité n’a été reconnue que dernièrement comme source essentielle à l’innovation.

Le développement des marchés et des produits au début des années 1990 et la compétition ont obligé les grandes entreprises à s’inscrire dans un processus «d’innovation intensive». Les entreprises essaient de trouver des caractéristiques et des qualités fonctionnelles aux produits et aux services qui répondent aux attentes des consommateurs particulièrement autour de la montée de la classe moyenne. Le capital historique des connaissances accumulées revêt une importance stratégique pour l’entreprise. La mondialisation vient amplifier la compétition et l’entreprise commence à vouloir les protéger et les sauvegarder, d’autant plus que les NTIC amènent un flux très important de nouvelles connaissances.

Ce n’est que récemment avec l’arrivée de l’ordinateur personnel et des TIC que l’on a compris l’importance de mettre en réseau ces connaissances dans un système ouvert, intranets, groupes de discussions, communauté de pratique, forum de discussion, afin de développer des apprentissages collectifs pour les besoins de l’entreprise. Ces apprentissages collectifs permettent tout autant de développer de meilleurs produits et services tout en s’assurant de prendre les meilleures décisions pour l’entreprise. Au-delà des connaissances, la nouvelle stratégie est de travailler sur les compétences et le développement dess relations entre les acteurs de l’entreprise. L’action efficiente des décideurs et gestionnaires suppose une interaction entre les savoirs détenus par les acteurs, producteurs et utilisateurs et les relations qui existent entre eux. L’utilisation des TIC concilie les deux facettes, savoirs et interrelations permettant cette acquisition de compétences. La réduction des coûts, la mobilité, les connexions en réseau et des outils plus faciles d’utilisation et plus puissants habilitent les producteurs à mieux adapter l’offre aux besoins des consommateurs. Les TIC permettent l’extraction de connaissances et le développement d’un savoir expert dans un domaine, tout en permettant la diffusion de ces connaissances à l’intérieur de l’entreprise pour rehausser les compétences des producteurs. Celles-ci seront utilisables selon les besoins de l’entreprise.

Comme observateur intéressé à la gestion des connaissances, j’ai participé au cours des derniers jours à l’événement CLAIR 2011 au Centre d’@pprentissage du Haut-Madawaska (C@HM) au Nouveau-Brunswick qui regroupait des éducateurs, des gestionnaires du domaine de l’éducation, des chercheurs internationaux, des professeurs universitaires et étudiants en éducation, des gestionnaires de communauté sur l’éducation et même des consultants auprès d’entrepreneurs. Ils participaient à cette rencontre afin de réfléchir sur l’école en transformation vers un lieu animé par ce que permettent les outils du «WEB 2.0». J’étais préoccupé par le projet éducatif qui place le savoir numérique au premier plan des interventions des gestionnaires, éducateurs et personnel de soutien et de l’implication des jeunes dans l’acquisition de ces savoirs. J’y ai rencontré des gens inspirants, innovants et créatifs qui ont su utiliser les ressources du WEB 2.0 pour l’apprentissage des étudiants. Mais j’y ai surtout remarqué le développement de ressources interactives entre les gestionnaires, professeurs et étudiants. Même les parents y trouvent leur compte au dire des jeunes auxquels j’ai parlé. Ils ont su établir des relations fortes entre tous les acteurs pour adapter les activités aux besoins des étudiants tout en s’habilitant mutuellement dans l’utilisation des outils du WEB 2.0, réseaux sociaux, wiki, blogue et outils multimédias. Lors des ateliers, tous les jeunes étaient les présentateurs de leur expérience pédagogique au même titre que leurs professeurs, ils intervenaient au même titre que les participants lors des conférences d’experts, ils rendaient disponibles leurs observations auprès de personnes intéressées qui n’étaient pas présents sur place mais suivaient à distance sur Twitter l’événement, mais aussi ils signifiaient l’implication de toute la communauté et particulièrement des parents à l’éducation des jeunes de la communauté.

Cette animation de l’école, à l’aide des outils du WEB 2.0 marquera de façon permanente les habiletés des jeunes à faire appel à des connaissances et compétences extérieures afin de prendre les meilleures décisions tout au long de leur vie, tant sur les plans personnel, professionnel, éthique et autres. Bien avant leur grande capacité d’utilisation des TIC, c’est la capacité de partage de savoirs vers une compétence collective, entre gestionnaires, enseignants personnel de soutien et jeunes, qui marquera mon imaginaire et influencera mes actions au cours des prochains mois. Ensemble, ils apprennent à apprendre.

«Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine»      Montaigne

Ces pratiques d’apprentissage ont un potentiel révolutionnaire dans le monde des affaires et répondent efficacement au besoin d’innovation dans les organisations et entreprises du Québec. Grâce à l’accès et aux multiples sources d’information, de savoirs et d’expertise disponible en tout temps, en tout lieu, chaque individu construit consciemment ou inconsciemment son savoir. Le grand défi des entreprises est de rendre disponible pour tous, pas seulement pour les personnes qui ont des savoirs technologiques, ces sources d’information et de connaissances. Il faut de plus soutenir les personnes dans leurs processus d’apprentissage en leur permettant de transformer, d’utiliser et de communiquer ces connaissances vers une compétence collective pour l’organisation ou l’entreprise. Il y a là une clé à l’innovation, que les décideurs de cette école ont compris et intégré dans leur pratique journalière.

Chapeau Roberto, Chapeau à l’équipe école et aux jeunes…

Références:

De la gestion des connaissances aux organisations orientées conception

http://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2002-1-page-29.htm

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